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mercredi 23 janvier 2019

Perez-Carrillo Encore Majestic & El Primero

Perez-Carrillo

Encore

Majestic & El Primero



EP Encore


Même si EPC Cigar Co. est une jeune entreprise crée en 2009 par Ernesto Perez-Carrillo et ses enfants, celui-ci est actif dans le monde du cigare depuis 1976.
Chez nous ce sont des cigares comme : la versionCabinet, les versions Inch et les El Credito.

Ce soir je m’attaque à un cigare qui devrait me faire décoller puisqu’il s’agit du meilleur cigare pour 2018 d’après la célèbre revue Cigar Aficionado (la version Majestic). Même si je ne suis pas trop pour ces récompenses, cela fait plaisir aux fabricants, aux distributeurs et devrait être un plus pour les amateurs. Wait and see.
Si Ernesto travaille souvent avec des tabacs du Nicaragua, c’est la première fois qu’il fait un puros nicaraguayen. Et qu’il a recours à une méthode ancestrale qui consiste à laisser les feuilles vieillir deux ans. Elles sont mises en ballot puis enveloppées d’écorce de palmiers.


EP Encore


Mon cigare a une cape assez sèche et lisse avec sa forme box pressed, elle est décorée de pas moins que de trois bagues : une de pied et deux autres.
La bague de pied est une bande de tissus couleur blanc cassé et qui protège le pied mais donne aussi un aspect luxueux à la présentation.
Pour les deux autres, vous prenez la gamme La Historia E-III, vous changez les couleurs et vous avez les bagues de la gamme Encore.
Je vais quand même vous en parler brièvement, elles sont de couleur brun terracotta, blanc cassé et or.


EP Encore


La principale reprend des images de la famille d’Ernesto dont sa fille Lissette qui est très impliquée dans l’entreprise, il suffit de regarder son compte Instagram, des armoiries de la famille et enfin les inscriptions Perez Carrillo Encore.
Et enfin la dernière reprend encore Perez Carrillo.

Un dernier coup d’œil sur ce cigare et je me décide à le couper. A cru, je reste sur ma faim, je n’ai pas de saveurs spéciales, je ne me sens pas happé par le cigare.
A l’approche de l’allumette, le pied s’enflamme et me donne une belle fumée, je suis dans des saveurs de chêne, de toast et de fruits secs.
Le tirage est parfait et la fumée est assez volumineuse, ma dégustation prend maintenant des saveurs plus fruitées et épicées, je distingue bien des agrumes et du poivre blanc.
Je suis agréablement surpris par ce changement de saveurs, car je viens de passer dans une poivrière remplie de poivre rouge enrobé d’une nappe de caramel mou.
Malgré cette relative douceur, le bois noble, le poivre et la terre grasse sont bien présents. La fumée a l’air aussi de s’intensifier et de devenir plus épaisse.
Je reste les pieds bien ancrés dans le sol mais ma tête est dans les nuages, je passe un moment super agréable et très méditatif.
Ce cigare est simplement parfait aussi bien au niveau des saveurs que de la puissance moyen-fort (voir fort par moment).
La cendre est compacte et très blanche striée de gris clair.
Je pense que ce cigare est un pari gagné pour EP et que son statut dans la revue américaine n’est pas usurpé.


EP Encore
Photo de Johan Dhondt, Maison Dhondt à Tournai


Mes dégustations se sont portées (comme le titre le dit) sur deux modules le Majestic et le El Primero.

Le premier de 13.4 cm et de cepo 52 et l’autre de 17.2 cm avec un cepo de 54.

Cape : Nicaragua
Sous-cape : Nicaragua
Tripe : Nicaragua

En conclusion : un cigare d’une construction parfaite avec une belle puissance et des saveurs multiples et qui donne une fluctuation dans la linéarité de ces dégustations.
Il a un tirage aisé et une combustion parfaite, avec une belle enveloppe de fumée et une cendre parfaite.


EP Encore


La version El Primero est légèrement plus douce que le Majestic qui a été reconnu meilleur cigare de 2018.

lundi 21 janvier 2019

D’Guzman Torpedo Colorado


D’Guzman

Torpedo

Colorado



D’Guzman Torpedo Colorado


Vous connaissez surement les très bons cigares D8 du Costa Rica, de Vegas de Santiago.
Et bien ce soir, j’ai testé pour vous une autre fabrication costaricienne, celle de D’Guzman.

Plus que jamais avec ce cigare, je ne peux que vous conseiller de faire plusieurs tests avant de vous prononcer, en effet je ne sais pas si c’est le transport ou le changement de région mais le premier test était vraiment pas top avec beaucoup de minéral, de bois vert…

Pour le deuxième, j’ai laissé le cigare quelques temps dans la cave avant de le déguster.



D’Guzman Torpedo Colorado


J’ai une cape assez claire avec assez bien de petites nervures, assez huileuse, elle est habillée d’une bague assez grande.
Toute de blanc, noir et or.
Elle porte un grand DG, avec dessous on peut lire D’Guzman et enfin en plus petit : Tabacos de Costa Rica.

Je coupe un petit morceau de la tête, et fais un premier test à cru : l’air passe bien, la tension du cigare est parfaite, des saveurs de chocolat, du poivre blanc.
Il est temps d’y amener le feu sacré qui va embraser le pied, cela se fait assez simplement et correctement. Le tirage est facile (attention quand je dis facile, je ne veux pas dire que le cigare est vide, mais qu’il n’est pas hyper serré ou bouché).
Le démarrage confirme les sensations à cru, j’ai du cacao, du pain toasté, du poivre blanc et du cèdre.
Le volume de fumée est assez important, ce début de dégustation me parait très agréable.
La suite sera dans la même veine de très bon moment. Les saveurs sont volatiles et passent du très doux au légèrement plus rond avec des aspects de poivre blanc, de clou de girofle mais ce que je retiens c’est surtout la douceur toastée, le café crème et le chocolat au lait.
Le volume de fumée ne va pas s’altérer mais rester assez régulier.

Vers la fin du 2ème tiers, mon cigare devient un peu plus terreux, plus fougère avec une hausse sensible de son acidité, je décide donc de le dégazer pour profiter de celui-ci jusqu’au bout.
La cendre est bien blanche et grisée mais très friable, c’est un peu dommage.

Le dégazage effectué, je retrouve les saveurs de départ avec une plus grande rondeur et tenue de bouche.
La bague s’enlève sans occasionner de problème à la cape, cela me réjouis car certains cigares ont vraiment beaucoup de colle pour fermer la bague.
Ma dégustation se poursuit tranquillement pas vite vers sa belle mort avec un apport supplémentaire d’amande.

Ma dégustation du jour s’est portée sur un cigare qui a une

Cape : Rép Dominicaine
Sous-cape : inconnu
Tripe : Rép. dominicaine, Nicaragua, Costa Rica

En conclusion : j’ai un cigare bien fait, une bonne construction avec des saveurs petit déjeuner assez toasté, chocolat lait, café crème. Donc vous avez compris, si vous me suivez, personnellement je le trouve trop doux mais pour le matin avec un bon café il serait parfait.
Je ne peux vous communiquer son prix puisqu’il n’est pas vendu chez nous, merci à celui qui me l’a fait découvrir.


lundi 14 janvier 2019

Sons of Anarchy Black crown Gordo & Robusto


Sons of Anarchy

Black crown

Gordo & Robusto



SOA


Le 18 septembre 2009 commençait sur BeTV et pour 92 épisodes la série Sons of Anarchy.
Elle met en scène Sons of Anarchy Motorcycle Club Redwood Original (SAMCRO), qui fait régner l’ordre à Charming, ville fictive du comté de San Joaquin en Californie.

Au fur et à mesure que les épisodes défilent le public se prend au jeu, il respecte et admire ces bikers violents et trafiquants pour leur code d’honneur et leur capacité à maintenir l’ordre et rendre justice dans les situations délicates.


SOA


Si le président du MC est régulièrement vu avec un cigare, cela n’a pas trop embêté l’acteur Ron Perlman (Clay Morrow) puisqu’il est lui-même grand amateur et fume plusieurs cigares par jour.


SOA


Il n’y a pas que Ron qu’on voit avec un cigare puisque l’autre First 9, l’acteur William Lucking (Piney) et l’acteur Mark Boone Junior (Bobby Elvis) en allument un régulièrement.

Les autres sont plus cigarettes ou herbe (dans la série) mais j’ai rarement vu un casting avec autant d’amateur de cigares en plus des trois cités précédemment : Tommy Flanagan (Chibs), Jimmy Smits (Nero Padilla), Danny Trejo (Romero). 


SOA


Sans oublier Emilio Rivera (Marcus Alvarez, President of the Mayans Motorcycle Club's Oakland California chapter), et qui reprend son rôle dans le Spinoff Mayans MC.
Mais si dans Sons, il est président du chapter et considéré comme le président national du club, dans Mayans MC, il est devenu El Padrino (le parrain). Il faudra d’ailleurs attendre aussi cette série pour le voir fumer un cigare.


SOA



Pour conclure ce chapitre, l’actrice Maggie Siff (Docteur Tara Grace Knowles-Teller) a posé pour la revue Cigar Aficionado dans laquelle elle parle de son nouveau rôle dans la série Billions.
Donc Clay fume régulièrement des cigares, c’est de nouveau dans Cigar Aficionado que l’acteur Ron Perlman nous apprend que ce sont des Joya de Nicaragua Gran Consul, qui sont ses cigares préférés.
Vu le succès planétaire de cette série, très vite les produits dérivés ont fait leur apparition : mug, pendentif, sweat… et cigares.

C’est la 20th Century Fox qui a demandé à l’entreprise Black Crown (Honduras) de confectionner ces cigares et après de longues années d’attente, ils sont enfin chez nous, distribués par STG (Scandinavian Tobacco Group).
Alors ce cigare opération de marketing ou bon produit ? Je pense au départ que la 20th Century Fox a un nom à défendre et qu’elle ne va pas s’impliquer dans un cigare s’il n’est pas de qualité. Mais, je vais de ce pas vous donner mon avis personnel puisque ce soir je déguste le Gordo.

Déjà la boite de présentation est recherchée, elle est tout en noir avec les inscriptions en blanc.


SOA


Sur le couvercle on peut lire Sons of Anarchy ainsi que le fameux logo du MC, sur le côté on retrouve de nouveau Sons of Anarchy (mais cette fois encadré de blanc), sur la face avant Black Crown et les dimensions des cigares.


SOA


Dans le couvercle intérieur, une tête de mort et dans deux cercles rouges et en partant de gauche : Est, Sons of Anarchy, 1967, Charming CA donc on pourrait traduire cela par Sons of Anarchy fondé en 1967 à Charming Californie. C’est en effet en 1967, que John Teller (le père de Jack) et Piney ont fondé SAMCRO en rentrant du Vietnam, ils seront rejoints plus tard par 6 autres membres. Clay Morrow sera le dernier des 9, ce groupe portait sur leur blouson un badge First 9.

J’ai une cape très rugueuse et assez sombre de type Oscuro, elle est ornée de deux bagues. Une de pied, ce qui devrait plaire à mon ami Cédric D. et une bague positionnée plus classiquement.
Celle de pied est noire, deux fines lignes rouges en délimitent la surface, dans une banderole on peut lire EST 1967, SOA et ORIGINAL. EST 1967, je l’ai déjà expliqué précédemment, SOA simplement abréviation de Sons of Anarchy même si quand il le tague le A est plus stylé anarchique. Et ORIGINAL puisqu’ils sont membres du premier club des Sons. Pour terminer cette bague, on peut lire Black Crown, la société de fabrication du cigare.


SOA

SOA


La deuxième bague est aussi noire et blanche avec le logo des Sons, la fameuse faucheuse (la mort) dont le manche de la faux a été remplacé par un AK 47 (armes principales du trafic des sons) et qui tient dans la main gauche un globe avec le A (façon anarchie).
Celui-ci est entouré des inscriptions (de gauche à en dessous) EST, SONS OF ANARCHY, 1967 et REDWOOD ORIGINAL. Les 3 premières, je ne reviendrai pas encore dessus et la dernière vous connaissez déjà la signification d’ORIGINAL. On sait que le premier club s’appelle SAMCRO, mais pourquoi REDWOOD ?
Cette dénomination a eu son lot de spéculation de la part des fans de la série et n’a jamais été expliquée par Kurt Sutter, son créateur. Je vous livre celle qui me semble la plus plausible : la Californie a le plus beau parc national des USA avec sa forêt de Séquoia (REDWOOD) on pense que la table autour de laquelle les membres de SAMCRO prennent les décisions est faite à partir d’un séquoia…

À cru, le tirage me semble parfait et j’ai des sensations de puissance.
Je l’allume et cela se fait sans aucune difficulté, le tirage est normal, le volume de fumée est assez important.
Dès le début, la puissance est bien présente, voire forte et prend le dessus sur le reste. Mais petit à petit celle-ci diminue pour libérer des arômes de café crème, chocolat noir, poivre noir et un subtil effet de caramel mou. Le tout enveloppé dans une bonne dose de chêne.


SOA


Ce cigare a une cendre assez compacte et qui me renseigne sur un bon équilibre de celui-ci puisque celle-ci est blanche striée de gris clair.
Alors que je l’avais déjà constaté avec la bague de pied, la cape ne souffre pas lorsque je retire l’autre bague et je n’ai pas de mauvaise surprise.
Ma dégustation se poursuit dans la même lignée avec un petit aller-retour vers une puissance un peu plus forte, mais dans la même palette des saveurs.

Ma dégustation du jour a porté sur le Gordo, un cigare de 15.2 cm pour un cepo de 60

Cape : Sumatra Oscuro (Equateur)
Sous-cape : Criollo 98 (Nicaragua)
Tripe : Nicaragua, Rép. dominicaine

En conclusion : j’ai passé un très bon moment avec ce cigare dont la puissance me convient et qui est bien fabriqué. Ce cigare a un bon équilibre et ce n’est pas le test de rétro-olfaction qui me dira le contraire. Je n’ai pas eu de décollage vers mes souvenirs car la palette des saveurs est assez basique mais à la troisième dégustation j’ai eu envie de me refaire les 7 saisons de la série.
Ce cigare est en vente chez les spécialistes au prix de 7.70 euros
J’ai également testé le robusto qui mis à part une légère augmentation de puissance a les mêmes caractéristiques que son grand frère et qui est vendu à 6.7 euros.






jeudi 10 janvier 2019

La Flor Dominicana Double Ligero Chisel Maduro


La Flor Dominicana

Double Ligero

Chisel Maduro



LFD


J’ai un faible pour cette gamme double ligero et quand mon fournisseur attitré me propose ce cigare en bec de canard, je me laisse tenter. Je devrais plutôt dire avec une tête en forme de burin ou d’instrument à vent.
Pour la petite histoire, ce cigare est né d’une anecdote que je vais vous raconter. Alors que Litto Gomez conduisait en République dominicaine et que le trajet était très long, il était perdu dans ses pensées tout en fumant un torpedo de sa gamme LFD. Il était tellement pris par la route, ses pensées et le trajet, qu’il ne se rendit pas compte qu’il mâchouillait son cigare. Si bien qu’à son arrivée, la tête avait vraiment pris une autre forme et qu’il a décidé de faire ce module.
À ma connaissance, c’est le seul module de ce genre dans le fabuleux et de plus en plus grandiose monde des cigares.

Après le Dl 600 et le Dl 700, je vais donc me lancer dans la dégustation de ce ciseau, le chisel est aussi la machine agricole qui sert pour le travail du sol sans retournement de la terre.


LFD


Ici plus que jamais, une coupe minutieuse s’impose. Je coupe donc délicatement mais d’un geste ferme une petite partie de la tête, à cru je retrouve les odeurs des autres modules à savoir : chocolat, poivre blanc, cèdre, cuir.
Je l’allume, cela se fait de manière très correcte, j’ai un bon volume de fumée et les saveurs ne se font pas prier pour venir embaumer ma bouche : chocolat au lait, café crème, poivre blanc, vieux cuir, cèdre.

Je continue à fumer tranquillement et je me retrouve subitement envahi par une sensation de poivre rouge qui disparait tout aussi vite derrière un côté plus ouaté.
Malgré que cet effet a été de courte durée, la puissance de mon cigare se fait sentir de façon plus importante que lors du premier tiers, je suis conquis une fois de plus par cette belle gamme double ligero.

L’ami qui m’a initié aux plaisirs de la dégustation m’a appris qu’il avait l’habitude de tourner son cigare en bouche, cela lui procurait du plaisir mais aussi l’a aidé à avoir une combustion plus harmonieuse. Vous avez déjà essayé de tourner un bec de canard dans votre bouche ? Ce n’est pas pratique du tout.

Je me contente donc de lui faire faire de temps en temps 180 degrés avant de le remettre en bouche.
Ma dégustation va se poursuivre tranquillement pas vite avant d’être rendu à sa belle mort.


St Feuillien Grand Cru


Je l’ai accompagné d’une bière St Feuillien Grand Cru et l’association était une belle réussite.

Ma dégustation du jour portait sur un cigare de Litto Gomez d’un cepo de 54 pour une longueur de 15.24 cm
Pour les explications sur la bague, je vous invite à relire l’article sur le DL 600 (ce qui m’a fait revoir ce que je rédigeais en 2016, c’était un peu faible).


Cape : Maduro de l’Equateur
Sous cape : République dom.
Tripe : République dom.

En conclusion : je n’ai jamais été déçu par cette gamme double ligero, j’ai un cigare de construction particulière qui a répondu à mes attentes, aussi bien dans son équilibre que sa puissance de moyen-fort. De plus je pense que celui-ci a reposé longuement dans l’humidor de mon fournisseur, ce qui l’a rendu encore meilleur à mon humble avis.

mardi 8 janvier 2019

La Estancia Edición Exclusiva 60


La Estancia

Edición Exclusiva 60



La Estancia Edición Exclusiva 60


Je ne me doutais pas quand j’ai reçu ce cadeau, que je ferais la dégustation pour accompagner le grand voyage d’un frère. Mais je sais qu’il n’aurait pas voulu de tristesse donc je me ressaisis très vite et place à la dégustation de ce module qu’on m’a présenté comme un bijou.

Prenez l’une des plus anciennes dynasties du tabac dans le monde, avec 142 ans d’expertise dans le secteur du tabac. Ils ont planté et échangé du tabac partout dans le monde : Cuba, Cameroun, Indonésie… ils ont un partenariat très étroit avec la famille Fuente. Dans cette dynastie, vous prenez la 5ème génération : Jérémie & Joshua Meerapfel qui décident de faire un blend de leurs meilleurs tabacs les plus âgés et vous avez La Estancia Edición Exclusiva.

J’ai un cigare qui en jette déjà par sa structure et son décorum, puisqu’il est garni de deux bagues toute dorées. Je pense que c’est la première fois que je vois ce genre d’artefact. Je pense que cela met ma dégustation en valeur, car on sent qu’il y a de la recherche derrière, ce n’est pas de la dorure bling-bling mais on s’oriente plus vers de l’or à l’état pur.


La Estancia Edición Exclusiva 60


Le design de la boite renforce cette sensation de luxe puisqu’elle est laquée comme un piano et attire le regard dès qu’on rentre dans l’humidor de nos bonnes civettes.
C’est le moment de me poser et de prendre le temps de déguster ce petit bijou. Je retire la bague de pied et j’enroule la queue de cochon qui le ferme ; en effet, celui-ci est fait à l’ancienne, avec une tête de cochon, mais je pense que le petit trou fait par cette opération ne sera pas suffisant pour jouir pleinement de mon cigare. Je décide donc de le couper.
À cru, je constate que le tirage semble parfait, j’ai des sensations de cèdre, café crème et de douceur.
L’allumette craque presque dans un silence religieux, et vient embraser le pied de ma vitole.


La Estancia Edición Exclusiva 60


La fumée est de bonne quantité, le tirage est parfait. Très vite je pense fumer un bon cigare cubain, je suis surpris par le manque total d’ammoniac, j’ai bien à faire à des vieux tabacs qui ont superbement bien vieilli.
Je retrouve le cèdre, le café crème, un peu de chocolat au lait.


La Estancia Edición Exclusiva 60


Permettez-moi une petite parenthèse pour revenir sur la bague principale. En partant du haut, elle se compose de 5 étoiles à 5 branches : une principale entourée de 4 plus petites. Cela me fait penser au drapeau chinois, mais je doute que cela ait la même signification. Je pense (mais cela n’engage que moi) que c’est un rappel des 5 générations de la famille Meerapfel et aussi peut-être un rappel de l’unité qui s’est développée au fur et à mesure entre la famille et ses partenaires.
En dessous, dans un ovale, on peut lire sur fond rouge et en lettre d’or La Estancia.
Au pied de cette bague, la représentation d’une fabrique d’Amérique du sud. En espagnol, Estancia désigne une vaste exploitation agricole. Mais Depuis les années 90, un certain nombre d'estancias se sont transformées en hôtels touristiques de luxe.
A gauche de cet ovale, on a une pièce cubaine de 1946 et à droite une pièce du Nicaragua de 1929. Fin de la parenthèse.

Ma dégustation reste dans la douceur et le crémeux, le flot de fumée est assez abondant et je passe un très agréable moment.
Soudainement celui-ci prend force et vigueur et je me retrouve avec un cigare plus corsé, plus poivré. On dirait que j’ai pris un vol direct La Havane – Esteli.
Ce poivre rouge est accompagné de noix grillées, de café, de chêne. J’adore car le piquant et la tenue en bouche caractéristique du poivre rouge, donnent un plus sans être envahissants. Je continue ma découverte avec des saveurs de cuir tanné, du clou de girofle, de l’humus, de la crème fondue. Lentement le nuage de fumée remplit la pièce et je décolle vers mes souvenirs avec mon frère Chuck et je prie  que la fumée sacrée l’accompagne dans son voyage.

Ma dégustation de ce soir s’est portée sur un cigare de 15.24 cm et un cepo de 60

Cape : inconnu
Sous-cape : inconnu
Tripe : inconnu

La rumeur qui court sur ce cigare est qu’il est fait de vieux tabacs du Nicaragua et avec des tabacs cubains datant avant la révolution. Je ne peux malheureusement réfuter ou confirmer celle-ci puisque ni le distributeur ni le fabricant ne divulguent rien sur le sujet. Plus que jamais, les secrets de fabrication sont gardés comme les anciennes recettes des guérisseurs ou les mélanges sacrés des alchimistes...

En conclusion : merci au généreux donateur qui a voulu garder l’anonymat, ce cigare est un produit de luxe très attirant avec sa combustion parfaite du début à la fin, sa palette aromatique variée. Mais c’est surtout l’impression d’avoir deux cigares pour le prix d’un qui m’a vraiment scotché.
Je l’ai associé avec une bière Hopus et cela a été une bonne association, très agréable avec la cannelle et le poivre blanc de la bière et son amertume et le côté puissant et crémeux du cigare

Prix de la dégustation lors de la rédaction de cet article 33 euros

Je vous laisse avec cette citation des frères Jérémie & Joshua Meerapfel : This is where the science stops and the art begins… Kick back, relax and enjoy our passion.
C'est ici que la science fait place à l'art... Lâchez prise, détendez-vous et savourez notre passion.