table

lundi 12 novembre 2018

Comptoir des Mers


Iliass El Amrani, 


poissonnier et amateur de cigares





Le quartier des Guillemins et moi c’est une longue histoire d’amour : de 77 à 89, j’ai écumé tous les cafés de la place ainsi que d’autres endroits plus louches. Mais cela était une autre vie, le quartier à bien changé, et quand j’y retourne maintenant c’est pour y faire des achats. Faut dire que Bernard Eggen fait un travail formidable pour mettre, aux côtés de sa pâtisserie de renom, des commerçants de grandes valeurs pour qui les mots « service à la clientèle » ont encore un sens.
C’est dans ce quartier que se trouve ma civette principale, puisque comme vous l’avez vu si vous me suivez, je voyage beaucoup.




Depuis quelques années, pratiquement en face de la MaisonDemoulin et à côté de la Pâtisserie EGGENOLS, est venue s’installer une poissonnerie tenue par le père Iliass. Comme les produits sont de qualité et qu’il est amateur de cigares, c’est à la Brasserie de l’Univers que je lui donne rendez-vous pour partager avec lui ses idées, ses envies, ses passions et essayer de vous les retransmettre le mieux possible.
On commence par allumer un Furia Alecto et commander un verre.

1.    Iliass, votre entreprise est familiale, ton père, ton cousin, toi… Est-ce que c’est une volonté ou plutôt une tradition de vos coutumes méditerranéennes ?

Tu sais, Patrick, mon père n’a pas été poissonnier toute sa vie, il a commencé dans les pizzas et déjà à cette époque il travaillait en famille. Ils ont été, en tous cas sur Liège, les précurseurs de la livraison à domicile. Puis un jour, il a décidé, conseillé par des cousins, de se lancer dans le poisson. Pour ceux qui connaissent Liège, le premier magasin était rue Ste Marguerite avant de s’établir devant l’ancien Bavière. Pour cela il a étudié, lu beaucoup de livres qui parlaient des poissons, il a appris les différentes sortes, comment les découper… (NdA : je peux vous certifier que ce n’est pas Ordralfabétix). Et comme tu parlais des coutumes de nos origines, une grande tradition chez nous, c’est la cuisine : on est tout le temps dans les casseroles. Donc très vite, il a appris à faire des plats avec notre matière première. Un jour, monsieur Eggen lui a proposé qu’on vienne s’installer aux Guillemins, et il a été emballé par l’idée.

2.    Ton papa m’a dit qu’il revenait un jour de Ringis (région parisienne). Pourquoi ne pas aller à la criée à la côte belge ?

On aimerait évidemment y aller, cela serait plus facile pour nous et puis on resterait en Belgique. Mais il ne faut pas se voiler la face: le marché belge du poisson est très pauvre, jamais on n’aurait eu du mérou ou de l’espadon en Belgique.
Et puis on a une devise au Comptoir des Mers, c’est le service à la clientèle. Tu sais, on pourrait avoir plus d’argent en vendant des produits de la mer surgelés, en ne faisant pas le petit geste (quand c’est possible) comme des échalotes avec les maatjes ou un citron avec les huitres. Parfois j’ai des clients qui sont dépités par ce qu’il n’y a plus de cabillaud. Je prends la peine de parler avec eux, de voir ce qu’ils voulaient faire comme recette et souvent ils ressortent avec un autre poisson, moins cher au kilo et qui a plus de goût.

3.    Ton papa est encore jeune et on a encore le temps, mais est-ce que tu te vois plus tard à la tête de l’entreprise familiale ?

Franchement je ne sais pas, ce n’est pas en effet à l’ordre du jour. Tu sais Pat, c’est un métier difficile : on commence à 7h30 jusqu’à souvent 19h30 (NdA : il faut préparer le magasin, faire les plats comme les cannellonis de la mer, le tartare de saumon… Et le soir faut tout ranger et nettoyer), mais surtout on travaille en permanence dans le froid, l’eau froide, la glace… Donc pour toutes ces raisons, mon père pousse ses 4 enfants à faire des études et puis on verra. Franchement, je ne me vois pas travailler derrière un bureau toute la journée (il fait des études de comptabilité). Je suis jeune, j’aime énormément ce que je fais et j’ai la condition physique pour le faire, mais comment est-ce que je serai dans 15 ou 20 ans ? Par contre, je ne me vois pas non plus derrière un bureau toute ma vie, je dois bouger, voir des gens, donc quand j’aurai mon diplôme, je m’orienterai peut-être bien comme conseiller fiscal d’entreprise. Le contact humain est très important à mes yeux, même les clients un peu plus difficiles, je prends la peine de les écouter, de les conseiller et j’essaye d’avoir toujours un client satisfait quand il sort du magasin.
Regarde mon coussin, on en a testé 2 autres avant lui, ils n’ont pas tenu le coup. Et je t’avoue avoir eu des doutes aussi sur Abdel, et pourtant il a non seulement tenu le coup mais il a pris le métier à cœur et franchement il a épaté toute la famille. Il ne travaille pas pour nous, il travaille comme si c’était son entreprise, comme s’il en était le garant, un vrai gérant. Si je te raconte cela c’est pour insister sur le fait que le métier est dur, mais quand on l’aime on est pris dedans et on se bat pour cela et pour que quand les clients mangent le soir chez eux, ils soient heureux de bénéficier de bons produits.

4.    On va quand même parler cigares, quel serait ton top 3 ?

Je me considère toujours comme débutant dans le monde de cigare, car si Jean-Pierre Demoulin n’avait pas joué au bon initiateur avec tout son cœur, je n’aurais jamais apprécié de fumer un cigare. Il m’a appris à tester différents terroirs, à faire mon palais, et pour revenir à ta question je dirais plus des marques que des cigares particuliers. Ce top est donné dans un ordre aléatoire car je n’ai pas vraiment de marque préférée. Cohiba, Davidoff (avec une mention spéciale pour Davidoff Nicaragua Box Pressed Toro qu’on a fumé lors de la venue d’Eric B. aux Templiers) et Roméo Y Julieta.

5.    Cohiba et Davidoff, peut-on dire que tu as des goûts de luxe ?

Non, je vais prendre une comparaison avec les poissons que je gère mieux que les cigares : il y a des poissons hors de prix et qui pourtant ont peu de saveurs et à côté de cela il y en a des moins connus, moins chers et qui sont pourtant délicieux. Quand je choisis un cigare, je vais d’abord faire confiance aux conseils de Jipi et puis je vais regarder celui qui m’attire. Comme je suis toujours un fumeur occasionnel, je ne fume pas le cigare tous les jours, je peux me permettre de mettre un peu plus dans mon choix. Regarde le Furia, que nous sommes en train de déguster, tu m’as dit que c’était un Nicaragua. Je ne connais pas le prix et pourtant je l’apprécie, il me plait fortement.

Je remercie Ilass pour sa franchise, nous finissons nos verres et notre cigare en parlant de recettes à base de poisson.

En conclusion : Mes amis, si vous passez par Liège et que vous voulez du poisson de qualité, une étale avec un beau choix, je vous invite à vous rendre au Comptoir des Mers,90 rue des Guillemins, 4000 Liège.





Ibrahim et son équipe, Ilass, Abdel et Jeff, se feront un plaisir de vous conseiller et de vous servir.
Vous pouvez aussi les suivre sur leur page Facebook et sur leur site internet.

vendredi 9 novembre 2018

La Ley Mareva


Petit Corona





Il y a un peu plus de deux ans, que j’ai fumé mon premier cigare de la Marque La Ley et depuis, la gamme s’est agrandie avec le Laguito Reserva 2015.

Mais ce soir, je déguste le petit poucet de la famille, le La Ley Mareva.
Vous me direz pourquoi faire un article sur celui-ci alors que j’ai déjà longuement parlé de la gamme lors de sa sortie ? Simplement par ce que je me suis aperçu qu’en deux ans, mon palais avait fortement changé et que mes goûts avaient évolué. Si en 2016 je mettais le Mareva en dernier dans le trio, je dois avouer qu’aujourd’hui il est passé devant le Robusto.




Comme d’habitude dans cette gamme, la cape est un véritable petit bijou pour les yeux. 

Pour cette dégustation, je décide de revenir au puncher, que j’avais abandonné depuis un moment, car je devais dégazer trop souvent. Je pense aussi qu’un petit rappel sur cet outil est nécessaire : il faut tourner le punch pour couper un cercle dans la tête du cigare et pas comme je vois souvent, pousser le puncher car vous risquez d’exploser la cape.

Je craque une allumette et une belle flamme sort du pied qui s’allume parfaitement.
Les premières bouffées me plongent dans le café crème avec un soupçon de cuir tanné, ce qui me renvoie une fois de plus vers la forêt boréale, quand j’étais en train de préparer la peau de chevreuil pour la fabrication de mon tambour et que le mug de café fumant était placé à mes côtés. Toujours dans mes souvenirs, je constate l’apparition d’un nouveau trio de saveurs : poivre blanc, noix et vieux chêne.

La puissance de dégustation est graduellement en augmentation, au point de dépasser le Robusto de la même marque. Mais tout cela se fait harmonieusement et avec équilibre.




La cendre compacte est d’une couleur assez blanchâtre et me donne l’impression d’être en parfaite fusion avec le corps du cigare qui ne s’est pas encore consumé.
Je suis sous le charme de ce petit corona qui me permet de laisser vagabonder mon imagination et d’avoir des souvenirs qui remontent à la surface.
Au début de cet article, je vous disais que mon palais avait changé et cette dégustation du jour vient confirmer cette affirmation.

Elle portait sur un Mareva de 10.2 cm et un cepo de 44

Cape : Equateur Rosado Habano
Sous-cape : Esteli Nicaragua
Tripe : Esteli Nicaragua, Honduras et Top Secret

En conclusion : un très bon cigare qui a une palette de saveurs assez classique, une finition parfaite aussi bien au visuel qu’au fumage, la puissance monte graduellement vers son maximum (moyennement fort) et qui porte bien la signature de La Ley c’est-à-dire qu’une fois que le maximum est atteint, le cigare le garde jusqu’à la fin.
Je pense qu’une fois de plus le travail de Didier et de A.J. est récompensé par le plaisir que nous prenons lors des dégustations.
Prix au moment de la rédaction de cet article : 9.5 euros 

mardi 30 octobre 2018

L’Homme, les cigares…


Soirée du 27 octobre 2018

Brasserie Salvi, Herstal





Je le reconnais j’étais assez septique comme la fosse du même nom quand Jacky m’a parlé de la brasserie à côté de la piscine d’Herstal, mais comme il certifiait qu’on y serait bien, on a donc décidé de s’y retrouver pour une soirée à quelques jours d’Halloween. Et je dois dire que les Dieux du tabac étaient avec nous : participation massive, endroit parfait (juste un peu froid), cigares bons et repas digne d’un roman de Gargantua.
Malgré que nous avions 5 membres absents, nous étions quand même 15 à avoir répondu présents à l’invitation. Avec des nouvelles têtes qui j’espère reviendront à nos soirées et une délégation du Club Los Puros Del Renegado avec son président en tête. Comme nous étions aux environs d’halloween nous avons même eu la présence d’un dégustateur mystère et le petit prince (non pas le mari de Meghan Markle ou le sorcier de Poudlard, mais le fils de Christophe et Aurélie) a joué à Gasper le fantôme toute la soirée avec son plaid sur la tête pour ne pas être dérangé dans le visionnage de son film.




La soirée a démarré par l’accueil des invités, puis nous sommes passés au premier cigare : Farce (décidément on reste dans le thème). Pendant que nous dégustions le cigare, nous avons fait un test de différence de goût avec un morceau de chocolat Galler 70% à la menthe et citron.




Le garçon qui était aux petits soins nous a proposé un plateau de charcuterie que nous avons accompagné d’un apéro.
Les conversations allaient bon train (pas celui qui mène à l’école des sorciers), elles se sont portées sur le cigares, avec une blague par ci par là, bref une ambiance festive comme on l’aime dans notre club.





Nous avons passé les commandes des plats, je suis resté à mon U.S.A. préparé alors que d’autres prenaient un plateau du pêcheur qui était juste gigantesque et très goulu (oui il y en avait de trop donc j’ai déguster un peu de tout). Mes amis n’en revenaient pas de la grosseur des plats que ce soient mon américain, les entrecôtes ou les fameux plateaux.
Un silence presque religieux s’est abattu sur la table en même temps que le froid malgré que le patron ait tout prévu : chauffage et plaids.




On est ensuite passé à la deuxième dégustation avec un ElCredito Série R Esteli.

Pour terminer calmement la soirée, nous avons pris un petit digestif et puis les participants ont commencé à lever le camp, il faut dire que la nuit devenait vraiment très fraiche.

Après avoir été saluer le patron et son épouse, et les féliciter pour la qualité des services et des plats, j’ai repris le chemin de la maison à mon tour.

Vraiment une belle soirée une fois de plus, vivement celle de novembre.

D'autres photos sur la page du club ou sur mon Facebook.

lundi 29 octobre 2018

Room 101


Farce





Prenez un bijoutier un peu excentrique, biker et tatoué. 





Ajoutez-lui un aspect de visionnaire dans les cigares et vous avez Matt Booth avec sa gamme Room 101.
Matt a d’abord collaboré avec Camacho, puis quand Camacho a été repris par Davidoff, il a tout naturellement continué sa collaboration avec eux pendant 8 ans.

Maintenant, il vole de ses propres ailes et sort son premier cigare réalisé en Rép. dominicaine, Farce.

J’ai fait 2 tests de ce cigare avant de le proposer en soirée club.




J’ai une cape assez foncée décorée de deux bague assez simple, la première, en partant du pied, est assez fine et porte l’inscription FARCE, l’autre plus grande porte en son centre un sakura stylé (fleur du cerisier japonais). Le sakura rappelle de façon spirituelle que la vie est courte et belle, tout comme la fleur de cerisier qui tombe simplement après quelques jours. Et de part et d’autre, FARCE & ROOM 101.
Cette cape est soyeuse et légèrement huilée et de belle construction. Je lui coupe un très léger morceau de la tête. A cru des odeurs douces de cèdre, chocolat au lait et vieux cuir tanné et une pointe de poivre blanc.
J’allumage se fait parfaitement et le tirage est aisé alors que j’ai un cigare assez serré. Je découvre un peu de terre, avec un léger paprika doux et toujours mon poivre blanc en arrière-goût.
J’apprécie assez celui-ci car il a une bonne dose de puissance amenée par de la nicotine plus que par le poivre mais qui amène quand même mon cigare à moyennement fort avec une mention plus. Lors de ma dégustation, le poivre vire un peu vers les noirs et une touche de cannelle vient parfumer le côté crémeux.
J’ai maintenant dépassé une bonne moitié de ma dégustation et je suis toujours dans un poivre qui varie de blanc à noir et vice versa, ainsi qu’un aspect de pain grillé et d’humus. La puissance est passée à forte et m’oblige à ralentir la cadence.
Je note dans un coin de mon cerveau, qu’il faudra absolument que je parle de la nicotine lors de la dégustation club car nous avons des débutants dans nos membres.
Pas de décollage pour moi, mais un très bon moment de dégustation, et ce cigare me plait.

Mes dégustations portaient sur un cigare de cepo 54 pour une longueur de 15.87 cm

Cape : Equateur
Sous-cape : Indonésie
Tripe : Nicaragua, Pennsylvanie, Rép. dominicaine et un autre pays gardé secret par le constructeur.

En conclusion : un cigare très bien construit, avec une puissance forte et des saveurs de base mais pas très recherchées, un bon moment de dégustation. Lors de la soirée club, plusieurs personnes ont trouvé qu’il était cher pour le résultat, je ne peux pas leur donner tort mais je commence à revenir à des cigares moins chers qui ont pour certains de plus en plus de problèmes de construction ou de tirage.

Prix au moment de la rédaction de cet article : 14 euros




lundi 15 octobre 2018

Robert Caldwell The Last Tsar


Toro





Le 18 mai 1868 (dans le calendrier grégorien), le petit Nicolas voyait le jour dans dynastie des Romanov. Il allait devenir Nicolas II, Tsar de toutes les Russies, mais surtout connu comme le Dernier Tsar. Vous êtes en train de vous dire mais pourquoi est-ce qu’il nous parle de cela... Et bien, c’est simplement par ce que Robert C. a donné ce surnom à un de ses cigares.
Ce soir, je déguste le The Last Tsar Toro, en compagnie du producteur himself.





Nous sommes dans un packaging assez sobre et doux, avec une boite de couleur ocre pale; sur le devant on peut lire « The Last Tsar/ X Toro Extra », sur les côtés 18 MAY 1868. Sur le couvercle on retrouve une représentation assez juste de Nicolas II, avec sa moustache typique et son col d’uniforme d’officier. Seule petite fantaisie, il porte un monocle. Or, d’après mes recherches, il avait une très bonne vue et n’avait pas besoin de cet ustensile. L’inscription russe Последний царь (dernier Tsar) termine le graphisme du packaging.




Le fond de la boite est en bois brut avec une inscription qui rappelle que les cigares sont faits totalement à la main et des citations comme Un cigare est un cigare, fais-en quelque chose de spécial ou Travaille avec les gens qui t’aiment et qui croient en toi…

Mon cigare test (j’en aurai fumé deux autres pour réaliser cet article) est assez imposant avec sa cape très sombre. 




Elle porte deux bagues : une simple avec une nouvelle phrase philosophique et juste au-dessus une de la même couleur que la boite avec également la même représentation de Nicolas II.
La cape est de belle finition et agréable au toucher. Un peu macabre dans les circonstances de la marque de ma dégustation (même si la famille impériale a été fusillée et achevée à la baïonnette), mais je lui coupe la tête.

Le tirage à cru me donne une bonne appréciation sur la ventilation de celui-ci ainsi que des signes de poivre, de cèdre et à nouveau de poivre. Vous l’aurez compris, je vais déguster car ce cigare a de la force. D’ailleurs Robert nous recommande de fumer doucement car en plus de sa teneur en poivre et piment, son cigare est assez chargé en nicotine.
Le pied a des odeurs de ferme et de cuir. J’approche l’ allumette et je suis ravi de la facilité d’allumage. La fumée est assez dense et elle remplit rapidement la pièce de dégustation. Je suis à fond dans le poivre noir, rouge avec une pointe de piment de Cayenne mais aussi, heureusement, en arrière, des saveurs de cacao, de praline à la crème et toujours ce souvenir du poulailler. Par-ci, par-là, il y a également de sensations de noix de pécan, de chêne et de terre brulée.

Soudain, il me prend la folie de me transformer en chevalier sans peur (uniquement sur la 1er dégustation) et d’aspirer longuement sur le cigare. J’ai l’impression que ma bouche, ma langue, mon palais et même ma gorge sont totalement annihilés par la morsure épicée. Cette mésaventure me plonge directement dans ce restaurant Thaï de Hambourg où, quand j’avais les larmes aux yeux, le patron me disait : quand je dis piquant c’est piquant. Je suis obligé de déposer mon cigare et d’attendre un moment avant de continuer la dégustation.

Donc avec un tirage en douceur, oui cela est fort mais très acceptable, avec la particularité étrange que cette sensation ne dure pas elle s’estompe assez rapidement après la bouffée. Peut-être que cela est dû à la pointe d’agrume et de crème qui se cache derrière le piment.
Je ne sentirai plus vraiment de modification dans les senteurs ni dans la puissance ; je pense qu’à partir de son second tiers le cigare a trouvé sa vitesse de croisière et c’est bien ainsi, j’aurais été profondément déçu si la chute avait été brutale, ce qui est loin d’être le cas.

Ma dégustation s’est portée sur 3 Toros de cepo 50 pour une longueur de 15.24 cm

Cape : Arapiraca Maduro (Connecticut), hybride
Sous-cape : non communiqué
Tripe : non communiqué pour des soucis d’exclusivités

En conclusion : bonne expérience que je referai volontiers, un cigare à fumer tout en douceur et de préférence après un bon repas. Robert C. a misé sur la force aussi bien dans les saveurs que dans le taux de nicotine et c’est un pari gagnant. Je le déconseille aux débutants ou lors de soirée arrosées. Par contre se marie très bien avec un bon whisky non tourbé ou un cognac. Dernier petit détail mais qui a son importance, il faut prendre le temps pour apprécier à sa juste valeur ce cigare.

Son prix au moment de la rédaction de cet article : 18,50 euros.