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vendredi 20 janvier 2017

Cubacigar Benelux



 C’est avec Marc De Coen, Sales Director chez Cubacigar Benelux, que j’ai rendez-vous ce matin.
Marc donne ses dernières directives puis me reçoit pour une matinée qui sera riche en découvertes et partages.
Nous commençons par la visite des installations. Celles-ci sont assez impressionnantes puisque dans les bâtiments d’Overijse vont transiter tous les cigares cubains ainsi que ceux des marques Viga Fina, Flor de Copan et Don Diego (marque qui va disparaître chez nous) pour les civettes belges, luxembourgeoises et hollandaises.
Il faut savoir que Marc, qui est chez Cubacigar Benelux depuis 25 ans, et son équipe de 18 personnes gèrent en général un stock cigares de ± 10 mois, je vous laisse imaginer les stocks.
Rien que sur la Belgique, il y a 40 Habano Specialist et 4 Casa del Habano (pour info il y en a 9 au Benelux). La répartition du marché est de 20% pour les free taxes, 20% pour la Hollande, 20% pour le Luxembourg et 40% pour la Belgique.




Alors mes chers lecteurs, si vous êtes prêts pour la visite, attendez-vous à du lourd et à encore une bonne histoire belge.
La marchandise arrive en boîte en cartons, les mêmes cartons pour les cigares, ce qui change c’est le n° de série et le nom de la fabrique. Ceux-ci arrivent soit à Brussel National soit à Frankfurt, en fonction des vols et des possibilités de Cuba.
Cet arrivage contient les commandes de Cubacigar Benelux mais aussi les nouveautés désignées pour le Benelux. Ces fameuses boîtes sont déchargées dans un premier hangar, le camion du livreur doit rester sur place car les accises belges ont une heure pour se manifester et faire un éventuel contrôle. Apres l’heure, le camion peut partir et les boîtes sont rangées dans un entrepôt parfaitement humidifié.
Cela va constituer les stocks qui sont conséquents pour fournir les civettes et les Casa del Habano.

Je constate quand même que plusieurs palettes sont vides et je pose la question à Marc qui me répond : de très mauvaises récoltes empêchent les cubains à faire des gros cigares, ils n’ont plus de grandes feuilles pour les capes, les petits modules rentrent sans problème, mais pas les plus gros et nous allons encore avoir 6 mois difficiles.
J’en profite pour soulever un problème : quand j’ai un souci avec un cigare, j’ai la chance que ma civette me le change mais cela est un gros problème plus présent dans le terroir cubain qu’autre part ?
Peut-être mais cela n’a rien avoir avec l’ouverture du marché vers l’Amérique comme certains le disent, non on ne reçoit pas les plus mauvais cigares. (NDA les cigares repris par Cubacigar rentrent dans les pertes, car ils ne sont pas repris par Cuba).

Nous continuons notre visite et  c’est ici que cela se complique, prenons par exemple un patron de civette à Liège qui a commandé une boîte de cigare Partagas.

Premièrement le représentant de Cubacigar, lors de la prise de commande, doit savoir si ceux-ci seront vendus à la pièce ou si c’est une vente de boîte complète.




Ensuite, la boîte est sortie du stock, elle est ouverte car il faut que le bel autocollant, fumer nuit gravement à votre santé et celle de votre entourage, qui se trouvait à l’extérieur de la boîte soit aussi maintenant sur le couvercle intérieur de celle-ci.

Si c’est vente à la boîte, celle-ci est refermée et on ne place que sur le côté le timbre fiscal (Le timbre fiscal porte, en surimpression, au centre, un monogramme formé des lettres BNL). Les parties libres au-dessus et au-dessous de ce monogramme sont réservées pour indiquer : le prix de vente, la quantité (nombre de pièces), en langues française et néerlandaise : cigares, le numéro d’ordre.
 Si c’est une vente à la pièce, on sort les cigares un à un et sur chacun d’eux on colle une bandelette fiscale (Le dessin des bandelettes fiscales belges représente une couronne, ainsi qu’un monogramme formé des lettres BNL, reproduit deux fois). Quatre cases y sont réservées et servent à l’inscription : en langues française et néerlandaise, de l’espèce des produits : cigares, le prix de vente au détail, du numéro d’ordre.
Alors il y a bien évidemment des machines pour faire ce travail en partie mais comme me l’explique Marc, certains cigares sont carrés, pressed ou de forme hors calibre et donc ne passent pas dans les machines. Donc une grande partie se fait à la main.
Enfin la boîte peut retourner dans un deuxième hangar de stockage jusqu’à ce qu’une compagnie privée s’occupe de la livraison à Liège.

La loi a changé sur l’achat de ces fameux timbres et bandelettes fiscales.  En effet, le marchand n’est plus obligé de les payer à l’état lors de la commande, mais bien lorsque le produit est vendu. Je ne vous raconte même pas le travail de gestion, comptabilité auquel viennent s’ajouter les risques de destruction ou de perte.

Après toutes ces explications très intéressantes, nous retournons au bureau pour savourer un café et un Ramon Allones Edition Belux.

Pourquoi Belux et pas Benelux ?
Nous avons droit à une édition régionale par an, que nous choisissons dans le panel fourni. Une édition régionale cela veut dire que pendant 2 ans, le pays a le monopole de ce cigare. Comme nous représentons le Benelux, nous avons droit à deux cigares différents. Nous sortons un Belux et un Países Bajos (Pays Bas, Hollande), ce qui nous permet après un an, s’il nous reste des stocks conséquents, de switcher les éditions régionales.

Tiens, en parlant avec Henke (Master Blender de chez Davidoff), il me disait que le monde change, les hommes changent, il n’y a pas de raison que le fumeur ne change pas. Cela pour expliquer pourquoi il faisait des cigares de plus en plus linéaires, pourtant même s’il me semble que c’est moins flagrant qu’avant, les cigares cubains restent avec leur fameux 3 tiers.
Je pense que c’est une volonté de Habanos, la marque de fabrique de Cuba. Tu sais c’est Cubataba qui achète le tabac, qui l’apporte à la fabrique et qui dit quel ou quel cigare va être confectionné et donc je pense qu’ils veulent vraiment garder ce qui fait leur réputation depuis des années.

Une dernière question : malgré les 6 mois difficiles, va-t-il y avoir des nouveautés sur le marché ?
Oui des nouveautés sont prévues elles seront présentées lors du prochain Festival del Habano en février.

Cubacigar Benelux a encore des bons jours devant lui, je remercie vivement Marc d’avoir pris de son temps bien chargé pour me recevoir.
       
 

 

  


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