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mardi 25 juillet 2017

Cohiba Behike 56 Vintage 2010






En Avril, à deux semaines d’intervalles, venu directement du Cuba, j’ai reçu de deux personnes différentes un Cohiba Behike 56.
Ces deux personnes sont des grands amateurs de cigares cubains dont un m’a tenu pendant une heure un discours presque professionnel. En revenant de Cuba vers Paris, il a fait un saut à Bruxelles pour un week-end cigares.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ? Parce qu’un de ces cigares était un faux, et que je l’ai su plus tard. Donc quand vous allez dans un pays producteur de cigare, même si vous êtes un pro, méfiez-vous des contrefaçons.





Si on regarde les bagues de plus près on s’aperçoit que l’hologramme en bas à gauche est totalement différent, cela n’est pas une preuve puisqu’il a été modifié par la firme Cohiba en 2014.

Par contre, nous avons pour le reste deux bagues identiques avec deux fois COHIBA, BEHIKE, HABANO, CUBA, une tête d’indien avec la même tête en hologramme, le tout en noir et doré reposant sur un rectangle noir avec de petits carrés blancs qui me font penser à l’écriture braille.
Bref, je dois vous dire qu’il m’a fallu un temps fou pour trouver la fausse bague et que j’en ai même fait perdre son corse à mon ami Pierrot G.

Mais avec une loupe, des photos, des conseils et des recherches sur le net, j’ai réussi à trouver la fausse. Déjà un gros soupçon sur l’écriture de BEHIKE et COHIBA. Mais c’est Jean Pierre Petyt qui m’a confirmé mes convictions, sur la vraie bague la tête de l’indien descend presque sur le H (BEHIKE), il a vérifié sur ses 52,54 et 56 puisque c’est la même bague.


faux


Inutile de vous dire que le faux était juste horrible avec beaucoup d’ammoniaque.  D’ailleurs, l’amie avec qui je l’ai partagé, a fumé deux coups puis a arrêté et moi je pense que j’ai laissé une grosse moitié.
Je parlais tout à l’heure de se méfier des contrefaçons mais c’est aussi valable pour la rédaction d’un blog, il ne faut pas quand cela est possible se contenter d’une dégustation pour donner son opinion sur un cigare.


VRAI


Bon, après toutes ces mises au point, passons à la dégustation de ce cigare répertorié comme l’un des meilleurs du monde.
Ce qui fait sa rareté c’est qu’il y a du Medio Tiempo dans sa composition, celui-ci nommé aussi Fortaleza 4 [1] est la dernière paire de feuilles au sommet du plant de tabac.
Ce qui est assez rare, car cela demande des vieux plants de 3-5 ans, mais aussi un soin tout particulier à la plante. Sa petite taille et son exposition maximum au soleil lui donnent un arome exceptionnel.
J’ai une cape bien faite avec une texture souple et huileuse, dont la tête est en forme de petit cochon, l’allumage se fait de façon plus que très correct.
Le tirage est ample, simple sans être trop aéré, la fumée est bien présente, lors de l’expiration de celle-ci, elle reste assez compacte.
J’aspire sur mon cigare et je suis enveloppé par la terre grasse après l’orage, le poivre blanc et le cèdre. Le tout dans un mélange harmonieux et parfait.
Ma dégustation se poursuit dans un aspect plus crémeux, car mon mélange de départ est rejoint et adouci par le chocolat noir.




C’est à ce moment aussi que je réalise que mon cigare est assez dur en bouche, cela me fait penser aux chiques (bonbons) Wycam’s qui, quand on les croque, on se demande si ce n’est pas notre mâchoire qui va se briser.

La magie du Behique (chaman chez les indiens Taïnos, voir mon article sur le siglo VI) fait son effet et je décolle vers la forêt boréale, à côté du lac St Jean, je me revois partageant la Canupa avec mes amis indiens, nous sommes en cercle autour du feu sacré et la pipe sacrée passe de mains en mains.

Pendant ce temps, mon cigare évolue encore vers une nouvelle saveur qui me replonge plus de 20 ans en arrière quand je goutais la panade de ma fille avant de lui donner, et que le Betterfood lui donnait un gout si particulier.
Ce que je trouve d’enrichissant dans ce cigare, c’est qu’il n’y a pas de purin et à la limite je dirais même que le dernier tiers m’as fortement surpris par sa richesse d’arômes avec un mélange homogène et d’un équilibrage parfaitement exécuté.
Malheureusement toute belle chose à une fin, et mon mégot qui me commence à chauffer entre mes doigts me rappelle à la vie terrestre.
Je dépose donc celui-ci, remercie la chaine complète de fabrication pour cet agréable moment.

Mon cigare est un cigare de 16,6 cm pour un cepo 56
En conclusion : ce cigare m’a séduit et j’ai passé un très agréable moment, je remercie vivement l’ami qui me l’a offert, je pense que pour apprécier pleinement ses saveurs il faut le déguster au calme, dans un moment de semi méditation et avec respect.
Il est rare de nos jours de trouver un cigare aussi bien sur tous les rapports : construction, combustion, équilibre…
Je trouve aussi que malgré sa rareté, le prix (64 euros au moment de la rédaction de cet article) est surfait et entre un Opus X super Belicoso ou un BHK 56, je prends l’Opus X.
Mais comme je dis toujours, c’est à vous de vous faire votre propre idée.



[1] Fortaleza (Force/Puissance)
Littéralement la force. Fortaleza 1, 2, 3 et 4 correspondent, respectivement à Volado, Seco, Ligero et Medio Tiempo.

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