table

dimanche 10 février 2019

Didier Houvenaghel


Didier Houvenaghel

Réunion en cercle restreint chez Dekelle Cigars à Overijse.



Didier Houvenaghel


C’est le mardi 22 janvier 2019 que je rencontre (pour la 4ème fois) Didier pour une discussion cigare.

Didier, c’est un Belge, né à Bruxelles, diplômé de la Section interfacultaire d'agronomie (promotion 1999) de l’ULB. Un troisième cycle en gestion d'énergies et un Master en cultures tropicales de l'Université de Pinard del Rio à Cuba.


Didier Houvenaghel


C’est aussi le rédacteur d’un livre sur les cigares (Le Cigare, de la Culture à l'Art, 2005). Dès 2002, c’est aussi des nouvelles marques de cigares et enfin le lancement d'une académie de violon pour enfants des rues au Brésil.

Celui-ci, comme à l’accoutumée, est un peu en retard mais cela ne me choque pas, je sais qu’il a plus le temps que l’heure, un véritable indien d’Amérique.
D’ailleurs c’est tout sourire qu’il arrive enfin, et qu’il fait le tour de l’assemblée avec un bonjour pour chacun.
Il n’est pas venu seul, mais accompagné d’une partie de son équipe de distribution au niveau belge et de Steven Kron, Directeur des ventes internationales chez NyB Cigars.


Didier Houvenaghel


Nous commençons la soirée par la dégustation d’un La Ley Reserva 2016 et il lance la conversation : il y a pour moi trois sortes de cigares : les mauvais et les bons, et dans les bons je ferai encore deux catégories, les équilibrés et les non équilibrés. Dans les bons cigares, il arrive parfois que vous appréciez ce moment de dégustation mais il vous manque un petit quelque chose qui va vous transcender. Et bien, ce truc qui vous manque, c’est l’équilibre. Vous prenez un spectre de feuilles de tabac, prenons par exemple 3 feuilles : une pas assez mure, une bonne et une trop mure ; si on applique la fermentation sur ce spectre, certaines vont être parfaites mais les autres vont être trop fermentées ou pas assez fermentées. Si vous réduisez la largeur de ce spectre, toutes vos feuilles auront une fermentation parfaite.
Un deuxième facteur, il est primordial pour nous... petite parenthèse vous parlez de moi comme un producteur de cigare mais c’est un travail d’équipe, il y a un tas de personnes qui va rentrer en ligne de compte entre la graine de tabac et le cigare que vous dégustez ce soir, il n’y a pas que Didier Houvenaghel, fin de la parenthèse. Je disais donc il est primordial pour nous que le cigare que vous avez fumé hier ressemble à celui que vous fumerez la semaine prochaine ou dans deux mois. Pour cela, nous pratiquons un travail minutieux en jonglant avec les tabacs. Pour faire simple, un plant de tabac d’une parcelle ne sera pas le même que celui de la parcelle à côté et la 3ème feuille ne sera pas la même que la 5ème.
Tous ces différents paramètres ont une répercussion sur la production ; si nous voulons garder ces mêmes saveurs et/ou cet équilibre, il faut accepter que quand il n’y a plus de cigares, et bien on doit attendre un moment pour que la nouvelle production soit possible.


Didier Houvenaghel


Didier Houvenaghel


Je constate qu’il tient toujours le même discours qu’en 2015, ce qui est une satisfaction et une preuve d’honnêteté dans les paroles et dans les actes.

Vous devez savoir chers lecteurs que Didier est un grand amateur d’histoire et de mythologie.
Quelqu’un lui demande : d’où vient le mot La Ley et que signifie-t-il ?

La Ley est en fait une très ancienne marque de cigares cubains qui a disparu du marché. J’ai donc eu envie de la faire revivre avec un blend particulier (il ne nous en dira pas plus que ce que j’ai déjà partagé avec vous lors de la rédaction de l’article sur la marque.) La Ley veut dire la loi, (ouf c’est un nom fort!). Cela peut paraitre prétentieux de nommer mes cigares la loi mais je vais vous raconter une anecdote: un jour je devais présenter mes cigares à un distributeur et il me dit avant même que je parle “Je pense que tu crois que tes cigares sont les meilleurs du monde alors, explique-moi, je t’écoute”. Je me fous qu’ils soient les meilleurs du monde ou pas. Par contre je sais que mes cigares sont équilibrés et que je garantis leur qualité et la similitude des cigares au fil des années. Si je vous raconte cela, c’est pour vous dire que nommer ma gamme de cigare la loi, n’est pas avoir un ego surdimensionné, mais c’est plus un engagement que je prends avec vous.
Comme on parle de La Ley et qu’on en déguste un Reserva 2016, je ne suis pas trop pour l’appellation "édition limitée", je trouve que cela est trop vague et que rien n’est limité dans ce que beaucoup d’autres appellent ‘Edicion Limitada’. Voilà déjà pourquoi j’ai opté pour Reserva. C’est une édition spéciale qui garde le cahier de charge des cigares de la gamme mais qui a été roulée en 2016 et qui a encore vieilli un an avant la mise en boite.

Nous marquons une petite pause et j’en profite pour aller me restaurer. Nancy et Christof avait une fois de plus fait appel au TraiteurBarras pour nous ravitailler, ce qui fut apprécié des participants! Et je peux vous dire que la rillette et le filet américain valaient le détour…

On redémarre pour la deuxième partie de la soirée avec une dégustation du cigare Furia Megaera.
Didier nous donne quelques informations sur ce cigare (je vous invite à relire mon article sur la gamme Furia pour en savoir plus).

Il revient sur sa passion de l’histoire et la mythologie : comme La Ley, la marque La Preferida est une ancienne marque cubaine, le marque Nicarao porte le nom du grand chef indien Cacique, qui a inspiré le respect par sa vision et son courage et qui donnera plus tard le Nicaragua. La marque Furia vient directement de la mythologie grecque; comme vous le voyez, mes passions et recherches font partie intégrante de mes cigares. Pas seulement au niveau du nom mais aussi du décorum qui les entourent. Pour répondre à Ker, lorsqu’on décide de faire une nouvelle gamme, en plus de tout le travail pour la réalisation du cigare, il y a celui en amont de la bague, la boite, le nombre de cigares par boite, déposer les marques… tout cela prend du temps et il faut compter un minimum d’un an, si tout se passe bien, avant d’avoir réalisé le concept de la nouvelle marque.
Comme les Furia sont des déesses chthoniennes, je voulais pour les fils de laine des couleurs qui étaient en rapport avec la terre, comme le rouge pompéien du Megaera que vous dégustez ce soir. Mais on a toujours à apprendre... Un jour, un amateur m’a dit: “Les Furias sont impétueuses, je m’attendais à des couleurs plus flash”, et oui pourquoi pas.

Pour conclure, et avant que Didier donne la parole de fin à Steven, il nous explique une dernière chose concernant la société NyB:
C'est le caractère, la personnalité d'un assemblage particulier qui distingue sa dégustation. Chaque marque est différente. En plus des choses évidentes qu’ils ont en commun, chacun a son propre goût et son profil aromatique, ainsi que la marque, les couleurs et les symboles qui le différencient des autres.
C'est l'équilibre dans la rondeur du mélange qui rend l'expérience complète. Le goût et l'équilibre aromatique sont des attributs rares chez les cigares. Il peut y avoir beaucoup de bons cigares disponibles, mais seulement un très petit nombre - même ceux construits avec de bonnes feuilles individuelles - démontrant un équilibre général fin.
Le rapport parfait entre qualité et prix est également une constante chez DH Boutique Cigars. Bien que le prix soit destiné à motiver le consommateur final, nous avons placé le prix dans le contexte de la qualité et de l'expérience du fumeur, ce qui a permis de fidéliser à long terme DH Boutique. C'est notre signature.
NyB cigars est une association des cigares de ma marque qui sont connus sous l’appellation DH Boutique Cigars (pour le N) et les marques exclusives d’A.J.Fernandez.


Didier Houvenaghel



Nous terminons la soirée avec les paroles de Steven qui nous en apprend un peu plus sur la distribution : pour choisir un distributeur dans un pays, on va d’abord voir s’il y a une possibilité de marché, si ce distributeur est bien implanté sur le marché, le genre de module apprécié dans le pays, si le distributeur est fiable financièrement et dans la régularité de ses payements, les démarches légales auxquelles il faut se plier pour commercialiser un produit dans le pays (à titre d’information en Belgique il faut déposer 125 euros par marque et modules avant de vendre le premier cigare et en plus des bandelettes fiscales).

En conclusion : encore une très belle soirée qui était plus un échange qu’un monologue. Merci à Didier H., Marc D., Philippe V. W. et Steven K. pour leur disponibilité. A Nancy et Christof pour l’organisation et le bon déroulement de la soirée et enfin à Vincent C., chauffeur livreur du superbe buffet.
Pour l’élaboration de cet article, je me suis inspiré de la soirée mais aussi de mes autres rencontres avec Didier ainsi que ses différents sites internet ou ses publications pour l’ULB.



2 commentaires:

  1. J ai eu l occasion de faire un voyage au Nicaragua avec lui, quel Monsieur toujours sur de lui et surtout sur les compétences en culture et en fabrication de cigares.
    Je ne peu que dire un grand merci à Didier pour n avoir appris et rappelé tout sur le cigare

    RépondreSupprimer
  2. oui on sent le passionné mais aussi qu'il connait sa matière et qu'il sait de quoi il parle.

    RépondreSupprimer